La DeFi, c’est quoi au juste ?

Le concept, qui se veut à contre-courant de la finance traditionnelle, prend de plus en plus d’ampleur dans le monde des crypto-actifs. On vous explique. 

Envoyer de l’argent comme on envoie un mail, emprunter ou épargner sans intermédiaire, financer la création d’une entreprise soi-même, ne plus avoir recours aux courtiers, aux banques, et de manière globale aux institutions financières classiques… Voilà la promesse de la finance décentralisée, plus connue sous l’acronyme DeFi, contraction de Decentralized Finance.

Le concept désigne une forme de finance basée sur la technologie de la blockchain. Généralement, la DeFi se matérialise sous formes d’applications décentralisées, appelées Dapps.

Elle s’oppose ainsi à la finance traditionnelle, en proposant la même palette d’opérations financières, mais sans les intermédiaires classiques que sont les courtiers, les banques, voire les Etats. Objectif : permettre aux utilisateurs de garder la mainmise sur leur fonds et limiter les coûts au strict minimum. En somme, l’espoir d’une indépendance financière.

Un concept en plein essor

Lorsqu’on parle de DeFi, on ne parle toutefois pas juste de cryptomonnaies. La DeFi, c’est avant tout les services et applications décentralisés qui proposent des services bancaires classiques, de particulier à particulier, sans intermédiaire donc en dehors de la plate-forme en question. Des prêts, emprunts, intérêts, notamment. L’intérêt de cette technologie, c’est que l’utilisation est instantanée, que ça se fait sans intermédiaire (et donc, sans frais) et que les taux sont souvent beaucoup plus avantageux que dans le monde de la finance classiques.

Le Yield farming, l’agriculture de rendement en français, est ainsi devenu un concept très populaire. Les utilisateurs sont invités ici à placer leurs actifs sur des plates-formes, les “prêter” à des taux avantageux. Concrètement, les propriétaires de cryptomonnaies bloquent leurs actifs sur une plate-forme et les prêtent à d’autres utilisateurs à des taux très avantageux (généralement entre 5 et 10%, mais dans certains cas jusqu’à 30%).

Dans le meilleur des mondes, tout cela devrait fonctionner parfaitement. L’ennui, c’est que le yield farming est loin d’être “safe”. Tout d’abord, parce que personne n’est à l’abris d’un piratage. Selon la plateforme d’analyse des cryptoactifs Chainalysis, plus de 400 000 millions de dollars auraient été volés sur des protocoles de finance décentralisée par des hackers en 2022, contre à peine 60 millions de dollars deux ans auparavant. Ensuite, parce que des bugs peuvent provoquer de gros soucis sur des plateformes. Enfin, il y a le problème du blocage. Les fonds sont bloqués pour la durée du contrat. Souvent quelques mois voire un an. En imaginant que vous ayez décidé de bloquer vos fonds d’ADA (la cryptomonnaie de la blockchain Cardano), et que celle-ci est victime d’un hack qui fait s’effondrer son cours, vos fonds restent bloqués – il est impossible de les revendre et vous risquez de tout perdre. On pense aux propriétaires du token Luna, notamment, qui ont assisté sans rien pouvoir faire à l’effondrement du cours du token…

Et c’est très certainement ce qui explique l’effondrement du secteur ces derniers mois. Selon le site DeFiLlama, qui analyse son évolution, la Valeur totale verrouillée (TVL), soit l’indicateur pour mesurer l’évolution des protocoles de finance décentralisée, a atteint un pic de plus de 180 milliards de dollars en 2021. Depuis, la TVL s’est effondrée. L’intérêt est toujours là, mais une grosse partie des utilisateurs ont du mal à faire confiance dans un système décentralisé, géré par des entreprises qui ne proposent généralement aucune sécurité.

Erreur de code ou actes cybercriminels, sans intermédiaire, les utilisateurs de la DeFi sont inévitablement moins protégés que dans ce qu’on nomme la finance traditionnelle. On peut toutefois l’imaginer, la finance décentralisée devrait s’améliorer dans les années à venir.

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